Congé pour reprise : conditions de validité
Qu’est-ce qu’un congé pour reprise ?
Le congé pour reprise est la possibilité, pour un bailleur, de mettre fin à un bail d’habitation pour reprendre le logement :
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pour l’habiter lui-même,
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ou pour y loger un proche (conjoint, partenaire de PACS, ascendant ou descendant).
Le congé doit être donné au moins 6 mois avant la fin du bail, par lettre recommandée ou acte d’huissier, et la reprise doit se faire à titre de résidence principale.
Voici une illustration, à partir d’une histoire vraie.
Les faits
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Octobre 2014 : M. B loue une maison à M. et Mme L dans le Nord.
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Décembre 2019 : congé pour reprise délivré, effet au 30 septembre 2020, pour se rapprocher de sa famille.
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Les locataires ne partent pas et contestent le congé.
Procédure
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Juge et cour d’appel : congé valable.
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Arguments des locataires :
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L’acte devait prouver dès le départ le caractère réel et sérieux de la reprise.
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Les justificatifs devaient être contemporains du congé.
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Le bailleur devait prouver vouloir en faire sa résidence principale (il vit dans le Sud).
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Arrêt de la Cour de cassation – 12 octobre 2023 (RG n° 22-18.580)
La Cour confirme :
- Pas d’exigence légale de nullité si l’acte ne justifie pas dès l’origine le projet.
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Les preuves postérieures peuvent établir la réalité du projet au moment du congé.
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La reprise doit bien être pour une résidence principale.
À retenir
- Un congé pour reprise peut être justifié par des éléments postérieurs.
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La reprise doit viser la résidence principale du bailleur ou d’un proche autorisé.