Dégât des eaux : le syndicat est-il toujours responsable ?

Avr 16, 2026 | Copropriété, Les chroniques de la Justice | 0 commentaires

Dégât des eaux : le syndicat est-il toujours responsable ?

Le syndicat des copropriétaires est-il responsable des dommages provenant des parties communes, même s’il a agi rapidement pour réparer la fuite ?

C’est une question récurrente pour tout syndic de copropriété ou administrateur de biens. La réponse est oui. En matière de droit immobilier, le syndicat est responsable de plein droit des dommages causés par un vice de construction ou un défaut d’entretien des parties communes. Sa diligence, sa bonne foi ou l’absence de faute personnelle ne suffisent pas à l’exonérer de son obligation d’indemnisation.

La réponse de la Cour de cassation sur les parties communes

Par un arrêt du 15 janvier 2026 (RG n°24 – 11.742), la Cour de cassation rappelle avec fermeté la rigueur de ce régime. Elle casse le jugement d’un tribunal qui avait refusé d’indemniser un copropriétaire au motif que le syndicat avait fait preuve de réactivité.

La haute juridiction précise qu’en vertu de l’article 14 de la loi du 10 juillet 1965, le syndicat est responsable des dommages nés dans les parties communes. Pour échapper à cette condamnation, il doit impérativement prouver un cas de force majeure, une faute de la victime ou le fait d’un tiers. Les efforts déployés pour résoudre le sinistre ne permettent pas d’écarter cette responsabilité automatique.

Historique du litige : une colonne montante défectueuse

L’affaire concerne une SCI, propriétaire d’un lot dans un immeuble situé dans le Val-de-Marne. Ce local, une ancienne loge de gardien transformée en logement d’habitation, a subi plusieurs dégâts des eaux au printemps 2022.

L’origine du sinistre a été formellement identifiée : une fuite sur une colonne montante, laquelle constitue une partie commune. La SCI a donc sollicité un conseil juridique en construction et engagé la responsabilité de plein droit du syndicat pour obtenir réparation.

Le rejet initial de la demande par le tribunal

En première instance, le tribunal de proximité de Nogent-sur-Marne avait rejeté les demandes de la SCI. Pour dédouaner la copropriété, le juge avait retenu que :

  • Le syndicat avait tout mis en œuvre pour traiter les difficultés.

  • Le copropriétaire ne démontrait pas de faute spécifique du syndic ou du syndicat.

  • L’acquéreur connaissait l’état de l’immeuble lors de son achat.

L’annulation de la décision par la Cour de cassation

La SCI a formé un pourvoi, arguant que le syndicat est responsable du seul fait que le dommage provient d’une partie commune. La Cour de cassation lui donne raison. En exigeant la preuve d’une faute, le premier juge a ajouté une condition que la loi ne prévoit pas. L’affaire est renvoyée devant le tribunal judiciaire de Créteil pour l’indemnisation du préjudice.

Mon conseil d’avocat spécialiste en droit immobilier

Face à un sinistre en copropriété, les gestionnaires doivent comprendre que la réactivité n’est pas une cause d’exonération. Pour protéger le syndicat, il est impératif de documenter chaque étape du sinistre de manière chirurgicale.

Mon conseil est de ne pas se contenter de réparer, mais de chercher immédiatement à établir si le dommage est dû à la faute exclusive d’un tiers ou d’un prestataire. C’est l’unique stratégie efficace pour écarter la responsabilité de plein droit du syndicat et orienter le recours vers le véritable responsable.